Prénoms de bébé 2025-2026 : ceux qui montent, ceux qui descendent

Choisir un prénom, c'est la première décision irréversible de parent. Vous pouvez changer de poussette, revendre le lit à barreaux, regretter la couleur de la chambre. Le prénom, lui, reste. Et pourtant, on le choisit souvent en quelques semaines, entre deux rendez-vous de suivi de grossesse, en scrollant des listes de 500 prénoms sur son téléphone à 23h.
Ce qui aide, c'est de comprendre où en sont les tendances. Pas pour suivre la mode (personne n'a envie d'être le quatrième Gabriel de la crèche), mais pour savoir ce qui se fait, ce qui se fait trop, et ce qui revient après des décennies d'oubli.
Voici l'état des lieux, basé sur les dernières données INSEE et les tendances observées par l'état civil en 2024 et début 2025.
Le top 10 actuel : peu de surprises, quelques confirmations
Côté garçons, le classement officiel INSEE des naissances récentes donne à peu près ceci :
Gabriel tient la première place depuis plusieurs années et ne montre aucun signe de fatigue. Léo, court et international, reste au sommet. Raphaël se maintient dans le top 3. Derrière, Maël, Louis, Noah, Jules, Arthur, Adam et Lucas complètent le tableau.
Côté filles, Jade domine toujours, suivie par Louise qui ne bouge plus de sa deuxième place depuis des années. Ambre s'est installée dans le top 3. Alba, Emma, Rose, Alice, Romy, Anna et Mia ferment le top 10.
Ce qui frappe, c'est la stabilité. Les cinq premiers de chaque classement sont quasiment les mêmes depuis trois ans. Le renouvellement se fait par le bas, avec des prénoms qui grimpent lentement avant d'atteindre le top 10 en quelques années.
Les prénoms qui montent
C'est ici que ça devient intéressant. Plusieurs prénoms progressent fortement dans les classements, et certains devraient entrer dans le top 20 d'ici un à deux ans.
Chez les filles :
Alba est la trajectoire la plus nette de ces dernières années. Encore rare il y a dix ans, ce prénom d'origine latine (qui signifie « aube ») s'est imposé dans le top 5. Alma, dans le même registre court et lumineux, suit une courbe similaire avec un léger décalage.
Romy continue sa progression. Court, doux, pas trop répandu : il coche toutes les cases de ce que les parents cherchent en ce moment.
Lou et Agathe gagnent du terrain régulièrement. Iris profite de la vague des prénoms inspirés par la nature (on y revient plus bas). Capucine remonte après des années de stagnation.
Chez les garçons :
Maël est le prénom masculin qui a le plus progressé ces cinq dernières années. D'origine bretonne, il bénéficie de la tendance aux prénoms courts et doux, loin des sonorités plus dures qui dominaient dans les années 2000.
Gabin poursuit son ascension régulière. Noé (sans le h) gagne du terrain sur Noah. Léon, version longue de Léo, attire les parents qui trouvent Léo trop courant mais aiment la sonorité. Basile et Augustin profitent du retour des prénoms classiques.
Les prénoms qui descendent
Certains prénoms qui ont dominé la décennie précédente amorcent leur déclin. Ce n'est pas qu'ils deviennent rares du jour au lendemain, mais leur courbe s'infléchit.
Emma, le prénom le plus donné en France pendant près de dix ans, recule chaque année depuis 2020. Elle reste populaire, mais son règne est terminé. Le même phénomène touche Léa, Chloé et Manon, qui étaient partout dans les années 2005-2015 et qui se font plus discrètes.
Côté garçons, Nathan, Enzo, Lucas et Ethan suivent la même trajectoire descendante. Timéo et Mathéo, très populaires il y a quelques années, perdent du terrain rapidement. La mode des prénoms en -éo semble avoir atteint son pic.
Raphaël, malgré sa place actuelle dans le top 3, montre les premiers signes de ralentissement. Si la tendance se confirme, il pourrait quitter le top 5 d'ici deux à trois ans.
Trois tendances de fond qui expliquent les mouvements
Les prénoms courts dominent tout
Regardez le top 10 filles : Jade, Alba, Ambre, Rose, Romy, Anna, Mia. Aucun ne dépasse deux syllabes. Côté garçons : Léo, Maël, Noah, Jules, Adam. Même constat.
Les parents français choisissent des prénoms de plus en plus courts. Deux syllabes maximum, souvent quatre ou cinq lettres. Les prénoms longs comme Alexandre, Marguerite ou Maximilien n'ont pas disparu, mais ils sont devenus des choix atypiques là où ils étaient la norme il y a trente ans.
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Créer ma listeCette tendance s'explique en partie par la praticité (un prénom court s'écrit vite, se retient facilement, fonctionne à l'international) et en partie par l'esthétique sonore : les parents cherchent des prénoms doux, fluides, sans consonnes dures.
Le retour des prénoms d'avant-guerre
Vos arrière-grands-parents s'appelaient Léon, Rose, Alice, Louis, Marcel, Jeanne. Ces prénoms, ringards pendant cinquante ans, sont revenus en force.
Rose est dans le top 10. Alice aussi. Louis n'a jamais vraiment quitté le classement mais connaît un regain net. Léon grimpe vite. Margaux (version modernisée de Marguerite) se maintient. Gaston, Marcel et Suzanne réapparaissent doucement dans les carnets de naissance.
Le mécanisme est connu : un prénom met environ 100 ans à faire un cycle complet (montée, pic, déclin, oubli, redécouverte). Les prénoms populaires dans les années 1920 arrivent en fin de cycle, ce qui explique pourquoi ils redeviennent attractifs. Ils sonnent « frais » pour les oreilles des parents d'aujourd'hui, qui n'ont jamais connu de bébé Rose ou de petit Léon.
Les prénoms nature, discrets mais persistants
Moins visible que les deux tendances précédentes, la vague des prénoms liés à la nature est bien réelle.
Iris, Capucine, Lilas et Aurore progressent chez les filles. Basile (de la plante) gagne du terrain chez les garçons. Ambre, dans le top 3, a aussi une dimension naturelle (la résine fossile).
Cette tendance ne produit pas de prénoms n°1, mais elle alimente un flux constant de prénoms qui entrent progressivement dans le top 50. Si vous cherchez un prénom qui ne sera ni trop original ni trop commun, c'est souvent dans cette catégorie que vous trouverez.
Les prénoms mixtes, un phénomène réel mais limité
On en parle beaucoup, mais dans les faits, les prénoms mixtes restent marginaux en France. Camille a longtemps été le seul prénom véritablement donné aux deux sexes. Eden, Noa (sans h) et Charlie gagnent du terrain dans cette catégorie, mais ils représentent une toute petite fraction des naissances.
Si ce sujet vous intéresse, sachez que la plupart des prénoms dits « mixtes » sont en réalité donnés à 80-90 % à un seul sexe. Charlie est très majoritairement féminin en France. Eden penche côté masculin. Le vrai prénom 50/50 reste l'exception.
Comment éviter le « trop populaire » sans tomber dans l'original forcé
Le piège classique : vous aimez Gabriel, mais trois bébés de votre entourage s'appellent déjà Gabriel. Vous cherchez quelque chose de différent, et vous finissez par choisir un prénom tellement original que votre enfant passera sa vie à l'épeler au téléphone.
Quelques pistes concrètes pour trouver le juste milieu.
Regardez les prénoms classés entre la 20e et la 50e place. C'est la zone idéale : assez connus pour ne surprendre personne, assez rares pour que votre enfant ne soit pas en double dans sa classe. En ce moment, ça donne des prénoms comme Iris, Agathe, Victoire chez les filles, ou Gabin, Augustin, Valentin chez les garçons.
Vérifiez la tendance, pas juste le rang. Un prénom 30e au classement mais en pleine ascension sera peut-être 10e dans deux ans (et donc très courant quand votre enfant entrera en maternelle). Un prénom 30e mais stable depuis dix ans restera probablement à ce niveau.
Testez le prénom à voix haute dans des situations réelles. « Capucine, viens manger. » « Bonjour, je m'appelle Basile. » « Gaston, arrête de taper ta sœur. » Si ça sonne naturel dans tous ces contextes, c'est bon signe.
Ce qu'on peut anticiper pour 2026-2027
Les tendances de fond (prénoms courts, retour du vintage, sons doux) ne vont pas s'inverser. Elles s'amplifient depuis dix ans et n'ont pas atteint leur pic.
Les prénoms à surveiller chez les filles : Alma, Lou, Iris, Agathe, Victoire. Tous sont en progression nette et pourraient entrer dans le top 15 d'ici deux ans.
Chez les garçons : Léon, Gabin, Basile, Augustin, Noé. Même dynamique.
Les prénoms qui vont continuer à baisser : Emma, Léa, Nathan, Lucas, Timéo. Pas de chute brutale, mais un recul progressif qui les éloignera du top 10.
Et Gabriel et Jade ? Difficile à dire. Ils sont au sommet depuis longtemps, ce qui, historiquement, signifie que la descente approche. Mais certains prénoms (comme Marie dans les années 1940-1970) peuvent rester dominants pendant des décennies. Seul l'état civil de 2027 nous le dira.
En attendant, si vous préparez une liste de naissance sur LoveList, le prénom peut attendre. La liste, en revanche, c'est mieux de s'y prendre tôt.